Perturbation, stress, traumatisme, panne, choc, catastrophe, risque : le pouvoir de récupération, de régénération, de rétablissement des organismes, des écosystèmes et des individus sur Terre est extraordinaire. Notre résilience psychologique nous permet de surmonter les épreuves de vie. La résilience de la nature, les épreuves que l’homme lui inflige ?

Dans son essai « Homo disparitus » (The world without us), Alan Weisman se fonde sur l’hypothèse d’une disparition brutale de l’espèce humaine et fait le portrait fictionnel de notre planète et de ses écosystèmes sans l’homme. Il conclut notamment ainsi qu’en quelques siècles, les villes et quartiers résidentiels seraient redevenus forêts. Seuls nos déchets radioactifs, quelques monuments en bronze ou le Mont Rushmore constitueraient les dernières traces humaines à échelle de centaines de milliers d’années. Ces images illustrent peut-être le premier chapitre du livre…

Cette série interroge le rapport homme/nature en milieu urbain. Consacrée à l’homme par l’homme pour l’homme, la ville est le lieu de vie du XXIe siècle, où résident plus de 50% des habitants de la planète : la nature y est restreinte dans son champ, contingentée, cerclée, enceinte dans des parcs. À l’hubris humaine répond l’humilité des plantes : entre le bitume et la verdure, le maîtrisé et le sauvage, chaque pousse, si miniature soit-elle, est une ode à la liberté, à la diversité et au foisonnement de la vie. Chaque brin d’herbe, chaque graine qui germe, chaque feuille qui se fraie un chemin sous les pavés, l’asphalte ou le béton, fait écho à cette résilience prodigieuse.