Comme l’écrit Etienne Klein, le temps est “cette chose introuvable mais dont l’existence ne semble faire aucun doute, cette chose dont tout le monde parle, évidence familière que personne n’a jamais vue. Il est toujours là alors qu’il s’écoule, avançant caché, secret, silencieux… Tendu, distendu, distordu, le temps passe son temps à ruser et nous abuser, dissimulant sa véritable nature, ou bien, nous laissons-nous abuser par nos perceptions des phénomènes temporels ? On identifie volontiers le temps aux phénomènes qu’il contient, et qui l’habillent de leurs propres attributs : le changement, le devenir, le mouvement, la répétition, la succession, la mort…”

Qu’est-ce que le temps alors ? Une succession d’instants qui créent une continuité. Or, sitôt apparu, tout instant présent disparaît pour laisser place à un autre instant présent. C’est l’insaisissabilité et la disparition même qui semblent ainsi maintenir le monde dans sa continuité, et une injonction contradictoire qui le fonde dans son mouvement : le temps est un renouvellement permanent d’impermanence.

Le temps est aussi pour moi cet objet de mystère que l’image animée du cinéma a fait acteur principal de ses films. Le temps est à la fois présent et absent dans l’image, mesure de l’écoulement du montage, mouvant dans les plans. Le temps est objet du cinéma autant qu’il est objet spirituel, support de méditation métaphysique et de recherche scientifique. Il est le point de départ de cette série de films poétiques, qui se caractérisent par un travail formel, musical, symbolique et expressif libre.

feu eau air

aquarelles

fragments d’éternité

instants suspendus

mouvements perpétuels ?