Pierre Loti prophétisait : “Il viendra un temps où la terre sera bien ennuyeuse à habiter, quand on l’aura rendue pareille d’une bout à l’autre et qu’on ne pourra même plus essayer de voyager pour se distraire un peu”.

A l’ère de l’ultra-uniformisation du monde, où tous les centres urbains ressemblent à des centres commerciaux aéroportuaires comme l’avait imagé Jacques Tati dans son film Playtime, peut-on encore espérer voyager ?

La rencontre humaine est ce qui différencie selon moi le voyage du tourisme.
J’entends par tourisme, un divertissement codifié qui, par ces mêmes codes, cherche à conforter par l’expérience la projection d’une image préconçue. Paradoxalement, l’ailleurs y rime avec zone connue.

Voyager, c’est d’abord une déterritorialisation narcissique. Faire l’expérience d’être étranger. Se mettre au diapason d’une altérité. La rencontre est ainsi l’essence du voyage : partager les interrogations, les rêves et les espoirs d’hommes et de femmes avec lesquels il est donné de vivre un bout de vie. Tout simplement, partager un repas, un échange, des activités pratiques, de détentes et de loisirs : être ensemble.

Le carnet de voyage choisit de transformer une tranche de vie en corps de récit, souhaitant retranscrire les rencontres de la manière la plus juste et authentique possible. Il en va de même pour les paysages : rencontrer un paysage, l’écouter, c’est lui donner un temps d’immersion, de contemplation. Se donner un temps de présence autant que d’oubli.
Comme le dit maître Dogen :” je me suis trouvé là où je me suis perdu”.

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