anne_murat

 

 

 
Nous allons de commencements
en commencements
par des commencements sans fin,
plus nous y allons,
plus nous sommes appelés.
(Grégoire de Nysse)

Titulaire d’un master de Sciences Po Paris et d’un triple diplôme européen de langues étrangères, Anne débute sa carrière au Centre National du Cinéma et de l’image animée avant de se consacrer à la réalisation.
Quête professionnelle autant que personnelle, la réalisation documentaire est pour elle un art de la rencontre. Rencontre entre l’écriture, l’image, les formes, les couleurs, le mouvement, le temps, le son, la musique bien sûr, mais surtout de la rencontre vers l’autre. Le sujet, c’est l’autre, et soi, en miroir de l’autre. Rencontrer, interroger, témoigner : la réalisation nourrit sa curiosité, son goût de l’observation et de la transmission. Le medium est un moyen au service d’une fin : convoquer les sens pour interroger le sens, révéler la vibration des êtres, la beauté du monde, renverser un point de vue acquis, proposer une nouvelle manière de voir.

Documentaires de création :

- Son premier long métrage, “À quoi on joue ?”, seule en immersion avec la troupe de théâtre fondée par Jean-Paul Denizon, ancien disciple de Peter Brook, lui a permis d’interroger le jeu comme apprentissage de la vie, chemin de connaissance.
- Son deuxième long et moyen métrage, “Rangoon Cocoon”, tourné en Birmanie en compagnie du photographe Brice Richard avant l’ouverture économique du régime militaire, poursuit cette quête de transmission tant par sa volonté de donner une image plus juste et nuancée d’un pays méconnu, que de donner un espace de parole à un peuple en soif d’avenir et de changement.
- À Bali, elle met en lumière l’engagement d’une personnalité hors du commun, le Professeur Suryani, qui voue sa vie à aider et guérir les “fous du paradis”, ces exclus qu’on enferme et qu’on enchaîne à défaut de pouvoir les soigner, loin des regards des touristes.
- Dans l’essai documentaire, “Bukit Duri”, elle s’attache à témoigner d’une souffrance silencieuse, celle des habitants des bidonvilles de Jakarta livrés à l’insalubrité et aux inondations, recourant à une narration libre qui convoque la réflexion du spectateur.
- “Feu eau air”, co-réalisé avec David Bart, marque son attachement à relier l’essai et le documentaire. Un film qui retrace la genèse du geste créateur selon l’artiste Ysabel de Maisonneuve et sa passion pour le Japon et le shibori. Un film qui interroge la posture de l’être et la trace qu’il souhaite laisser. Epouser un mouvement, une respiration. Créer du lien.
- Le carnet de voyage documentaire, “Les sirènes du Yangzi”, co-réalisé avec David Bart, lui permet de brosser le portrait d’une Chine contemporaine complexe, étourdissante, contradictoire, témoignant de la démesure du pays, de son expansion effrénée et de son gigantisme sans limites, autant que de la joie, la gouaillerie, la convivialité des chinoises et des chinois : sujets de porcelaine dans un pays éléphant.
- Elle développe actuellement un long métrage documentaire hybride sur la question du changement dans un monde en crise de paradigme : “Révolution intérieure”.